Les règles de droit applicables
Le bailleur doit procéder à une régularisation annuelle des charges en comparant les provisions versées par le locataire aux dépenses réelles engagées. Seules les charges figurant sur la liste exhaustive fixée par décret peuvent être réclamées au locataire. Un mois avant la régularisation annuelle, le bailleur est tenu d'adresser au locataire un décompte par nature de charges et de tenir les justificatifs de dépenses à sa disposition.
Les textes de loi pertinents
Article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : Définit le régime des charges récupérables et les modalités obligatoires de leur régularisation annuelle. Décret n° 87-713 du 26 août 1987 : Fixe la liste limitative des charges pouvant être récupérées par le bailleur sur le locataire. Article 7-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : Précise le délai de prescription applicable aux actions relatives aux impayés ou aux trop-perçus de charges.
Les délais légaux à connaître
L'action en répétition de l'indu ou en paiement des charges se prescrit généralement par un délai de trois ans. Suite à l'envoi du décompte de régularisation, le bailleur a l'obligation de mettre les pièces justificatives à la disposition du locataire durant une période de six mois.
Les preuves généralement utiles
La constitution d'un dossier de contestation repose généralement sur le décompte annuel des charges, les factures de l'immeuble et les contrats d'entretien. Les relevés de compteurs individuels, les preuves de paiement des provisions et les échanges de courriers recommandés constituent également des éléments probants essentiels.
Les options juridiques envisageables
La personne concernée peut initialement solliciter une explication ou la consultation des justificatifs par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de désaccord persistant, la saisine de la Commission Départementale de Conciliation (CDC) permet de tenter une résolution amiable. En dernier recours, une action peut être introduite devant le juge des contentieux de la protection.
Les erreurs fréquentes à éviter
Cesser unilatéralement de payer le loyer ou les charges pour manifester son désaccord est une erreur grave pouvant entraîner la résiliation du bail. Il convient également de ne pas attendre le départ du logement pour vérifier la cohérence des régularisations pratiquées les années précédentes.
Limites, exceptions et cas particuliers
Le forfait de charges, souvent pratiqué en location meublée ou en colocation, n'est pas soumis à régularisation et ne peut donc pas faire l'objet d'une contestation sur la base des dépenses réelles. Par ailleurs, les dépenses liées à la structure du bâtiment ou aux gros travaux ne sont jamais imputables au locataire.
Synthèse des points essentiels
- La contestation doit s'appuyer sur la liste réglementaire des charges récupérables.
- Le bailleur est dans l'obligation de justifier chaque somme réclamée par des factures ou contrats.
- Le délai pour contester des charges ou réclamer un trop-perçu est fixé à trois ans.
- La phase amiable, notamment via la conciliation, est fortement préconisée avant toute procédure judiciaire. Chaque situation étant unique, il est vivement recommandé de consulter un avocat pour obtenir une response fiable et adaptée à votre cas.
